En 2000, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique s'élevaient à 10 milliards de dollars. En 2023, ils dépassaient 282 milliards. En un quart de siècle, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent africain, devançant l'Union européenne et les États-Unis. Ce basculement est l'un des faits économiques les plus significatifs du début du XXIe siècle — et l'un des plus débattus.

Chapitre I · Le bilan infrastructurel

Routes, ports et chemins de fer : la Chine bâtisseur

La présence chinoise en Afrique a produit des infrastructures tangibles : le chemin de fer Addis-Abeba–Djibouti (750 km, inauguré en 2017), le port de Bagamoyo en Tanzanie, des dizaines d'autoroutes au Kenya, en Éthiopie, en Angola. Ces réalisations répondent à des besoins réels que ni les anciennes puissances coloniales ni les institutions de Bretton Woods n'avaient su combler.

« La Chine fait des affaires en Afrique. Elle ne prétend pas faire du développement. C'est une différence fondamentale avec le discours occidental — et c'est précisément ce qui lui plaît à beaucoup d'Africains. » — Deborah Brautigam, SAIS, Johns Hopkins University, 2024
Chapitre II · La question de la dette

Diplomatie de la dette : mythe ou réalité ?

Le concept de «diplomatie de la dette» — l'idée que la Chine prête délibérément à des pays insolvables pour saisir leurs actifs stratégiques — a été popularisé par l'exemple du port de Hambantota au Sri Lanka. En Afrique, la réalité est plus nuancée. Certains pays sont effectivement en situation de surendettement envers la Chine (Zambie, Éthiopie), mais les restructurations de dette négociées ont généralement abouti à des reports d'échéances plutôt qu'à des saisies d'actifs.

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Nasser AL SABRI
Directeur · International Threat Analysis Bureau (ITAB)

Analyste en géopolitique, anthropologie politique et relations internationales. Dirige l'ITAB, bureau indépendant d'analyse des menaces internationales.