Depuis novembre 2023, les Houthis du Yémen ont lancé plus de 300 attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge et dans le détroit de Bab-el-Mandeb — l'une des voies maritimes les plus importantes au monde, par laquelle transitent normalement 12% du commerce mondial et 8% du pétrole. Le résultat : des centaines de compagnies maritimes ont détourné leurs navires vers le cap de Bonne-Espérance, ajoutant 10 à 14 jours de navigation et des coûts considérables.
Drones, missiles et mines : l'arsenal houthi
Les Houthis ont démontré une sophistication militaire surprenante. Leurs attaques utilisent des drones kamikazes (Shahid iraniens et copies locales), des missiles balistiques et de croisière, et des drones marins. Ces armes proviennent en grande partie d'Iran, via des transferts clandestins documentés par les experts de l'ONU. La combinaison de ces systèmes crée un environnement de menaces multiples qui complique la défense des navires.
« Les Houthis ont réussi ce qu'aucun acteur non étatique n'avait réussi depuis longtemps : perturber durablement le commerce maritime mondial. Avec des moyens relativement modestes, ils ont imposé des coûts considérables à l'économie mondiale. » — Craig Singleton, Foundation for Defense of Democracies, 2024
La rerouting mondiale : chiffres et conséquences
Le détournement vers le cap de Bonne-Espérance ajoute 3 500 miles nautiques au trajet Europe-Asie. Les frets ont augmenté de 200 à 400% selon les routes. Les assurances maritimes pour les navires transitant par la mer Rouge ont explosé. Le canal de Suez a perdu plus de 40% de son trafic habituel — un coup dur pour l'Égypte qui dépend de ces revenus. Et les chaînes d'approvisionnement mondiales ont subi des retards qui se répercutent sur les industries manufacturières européennes et asiatiques.