Le Cartel de Sinaloa et le Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) ne sont plus simplement des organisations criminelles spécialisées dans le trafic de drogue. Ils disposent de drones armés, de sous-marins semi-submersibles, de systèmes de communication cryptée et de réseaux de renseignement sophistiqués. Dans certaines régions du Mexique, ils assurent des fonctions étatiques — sécurité, résolution des conflits, fourniture de services — que l'État officiel n'est plus en mesure d'assurer.
Des organisations criminelles aux structures para-étatiques
Cette transformation n'est pas récente mais s'est accélérée. Le «capo» romantique de la narco-culture est largement mythologique : les cartels contemporains sont des multinationales criminelles avec des départements de ressources humaines, des stratégies de communication et des divisions spécialisées. Le CJNG en particulier a développé une wing militaire — les CTNG — capable de tenir des affrontements prolongés contre les forces fédérales mexicaines.
« Les cartels mexicains ne veulent pas renverser l'État. Ils veulent le capturer — localement, sectoriellement — pour en faire un outil à leur service. C'est bien plus efficace et bien plus difficile à combattre. » — Falko Ernst, International Crisis Group, 2024