La chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 — précipitée par l'offensive de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) depuis Idlib — a mis fin à cinq décennies de règne de la famille Assad. Ce qui semblait impensable il y a encore deux ans est devenu réalité en moins de deux semaines. Mais la fin du régime Assad n'a pas résolu la crise syrienne — elle a ouvert une nouvelle phase, plus fragmentée et potentiellement plus durable que le conflit précédent.

Chapitre I · La fragmentation territoriale

Une Syrie fragmentée en zones d'influence

La Syrie d'après-Assad est divisée en plusieurs zones de contrôle. Au nord-ouest, HTS (anciennement Jabhat al-Nusra, lié à al-Qaida puis officiellement rompu avec lui) contrôle Idlib et cherche à se présenter comme un acteur modéré capable de gouverner. Au nord-est, les Forces démocratiques syriennes kurdes (FDS) contrôlent le Rojava avec le soutien américain. Au sud, des factions diverses. Et plusieurs puissances extérieures maintiennent des présences militaires : Turquie, États-Unis, Israël qui a mené des centaines de frappes sur les dépôts d'armes syriens.

« La Syrie post-Assad est une mosaïque de pouvoirs qui ne se font pas confiance. La question n'est pas de savoir qui va gagner — c'est de savoir si quelqu'un peut construire un État qui fonctionne à partir de ces décombres. » — Charles Lister, Middle East Institute, 2025
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Nasser AL SABRI
Directeur · International Threat Analysis Bureau (ITAB)

Analyste en géopolitique, anthropologie politique et relations internationales. Dirige l'ITAB, bureau indépendant d'analyse des menaces internationales.