Le terme hypersonique désigne toute vitesse supérieure à Mach 5, soit environ cinq fois la vitesse du son. Mais ce qui rend les armes hypersoniques réellement nouvelles n'est pas seulement leur vitesse, déjà atteinte par certains missiles balistiques classiques en phase terminale : c'est leur capacité à manœuvrer durant leur trajectoire, rendant leur interception beaucoup plus difficile.
Deux grandes familles technologiques
On distingue généralement deux types d'armes hypersoniques. Les planeurs hypersoniques sont lancés par un missile balistique puis se séparent pour planer et manœuvrer à très haute vitesse vers leur cible. Les missiles de croisière hypersoniques, eux, utilisent un statoréacteur pour maintenir une vitesse hypersonique sur une trajectoire plus basse et plus longue, en volant dans l'atmosphère plutôt qu'en suivant une trajectoire balistique classique.
Pourquoi elles sont difficiles à intercepter
Les missiles balistiques classiques suivent une trajectoire prévisible une fois leur phase de propulsion terminée, ce qui permet aux systèmes de défense antimissile de calculer leur point d'impact à l'avance. Les armes hypersoniques conservent, elles, une capacité de manœuvre durant la majeure partie de leur vol, ce qui complique considérablement le calcul de trajectoire nécessaire à une interception réussie.
Une course aux armements entre grandes puissances
La Russie a revendiqué le déploiement opérationnel de missiles hypersoniques comme le Kinjal ou le système Avangard. La Chine développe également des capacités hypersoniques avancées, tandis que les États-Unis poursuivent plusieurs programmes parallèles au sein de l'armée, de la marine et de l'aviation. Cette compétition technologique alimente des inquiétudes sur la stabilité stratégique mondiale.
Ce n'est pas seulement la vitesse qui rend les armes hypersoniques redoutables, c'est leur imprévisibilité de trajectoire. Nasser AL SABRI, Analyses Géopolitiques