Depuis plusieurs années, les pays membres des BRICS multiplient les déclarations en faveur d'une réduction de leur dépendance au dollar dans les échanges commerciaux internationaux. Cette ambition, souvent qualifiée de dédollarisation, soulève une question centrale pour l'avenir du système financier mondial : le dollar peut-il réellement perdre son statut de monnaie de référence ?
Une volonté politique affirmée
Les BRICS dénoncent régulièrement l'usage du dollar comme instrument de pression géopolitique, en particulier à travers les sanctions économiques occidentales. Plusieurs membres explorent des mécanismes d'échanges commerciaux en monnaies locales, des accords de troc bilatéraux, ou des systèmes de paiement alternatifs au réseau SWIFT, contrôlé par les économies occidentales.
Des obstacles structurels considérables
Remplacer le dollar suppose de disposer d'une monnaie ou d'un panier de monnaies offrant la même liquidité, la même stabilité et la même confiance internationale. Or les économies des BRICS restent hétérogènes, avec des régimes de change, des niveaux d'inflation et des systèmes financiers très différents, ce qui complique l'émergence d'une alternative monétaire crédible et unifiée à court terme.
Une dédollarisation partielle plutôt qu'un remplacement
La plupart des analystes économiques estiment qu'un remplacement complet du dollar reste peu probable à moyen terme, mais qu'une érosion progressive de sa part dans certains échanges bilatéraux est déjà en cours. La Chine et la Russie, par exemple, ont accru leurs transactions commerciales en yuan et en roubles depuis l'imposition de sanctions occidentales contre Moscou en 2022.
Selon le Fonds monétaire international, la part du dollar dans les réserves de change mondiales a légèrement reculé au cours de la dernière décennie, sans pour autant être remplacée par une monnaie unique de substitution : cette part s'est davantage diluée entre plusieurs devises secondaires.