Bab el-Mandeb, littéralement "la porte des lamentations" en arabe, relie la mer Rouge au golfe d'Aden puis à l'océan Indien. Ce passage situé entre le Yémen, Djibouti et l'Érythrée constitue, avec le canal de Suez, l'un des deux verrous indispensables à la route maritime reliant l'Asie à l'Europe par le sud de la péninsule Arabique.
Le verrou méridional de la route Asie-Europe
Pour qu'un navire venant d'Asie atteigne le canal de Suez et la Méditerranée, il doit nécessairement traverser Bab el-Mandeb. Cette route évite le contour de l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui représente un gain de temps et de coût considérable pour le commerce maritime mondial, en particulier pour les flux entre l'Asie et l'Europe.
Une zone fragilisée par le conflit yéménite
La rive nord du détroit appartient au Yémen, pays en guerre depuis 2014-2015 et en partie contrôlé par les Houthis. Cette instabilité politique et militaire a directement affecté la sécurité de la navigation dans la zone, en particulier depuis l'intensification des attaques contre des navires commerciaux à partir de 2023.
Des conséquences mesurables sur le commerce mondial
Face à la menace, de nombreuses compagnies maritimes ont choisi de dérouter leurs navires par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant plusieurs jours de trajet et des coûts de carburant supplémentaires. Cette réorientation des flux illustre la dépendance du commerce mondial à la sécurité de quelques points de passage maritimes étroits, dont Bab el-Mandeb fait partie.
Quelques kilomètres d'eau entre le Yémen et l'Afrique suffisent à perturber des chaînes d'approvisionnement mondiales entières. Nasser AL SABRI, Analyses Géopolitiques