Le 15 septembre 2021, une annonce bouleverse l'architecture sécuritaire de l'Indo-Pacifique. L'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis annoncent la création d'AUKUS — un partenariat de sécurité trilatéral dont la pièce maîtresse est la fourniture à l'Australie de sous-marins à propulsion nucléaire. Cette annonce entraîne immédiatement l'annulation d'un contrat de 56 milliards d'euros que Canberra avait signé avec Naval Group français pour des sous-marins conventionnels — provoquant la plus grave crise diplomatique entre Paris et Washington depuis des décennies.

Chapitre I · AUKUS : ce que ça change

Le sous-marin nucléaire comme multiplicateur stratégique

Les sous-marins à propulsion nucléaire ne transportent pas d'armes nucléaires — c'est une distinction importante. Mais leur propulsion nucléaire leur confère une endurance opérationnelle incomparable : ils peuvent patrouiller pendant des mois sans revenir en surface, couvrir des distances considérables et opérer en silence dans des zones sensibles. Pour l'Australie, qui doit surveiller de vastes espaces maritimes, cette capacité est stratégiquement transformatrice.

« AUKUS n'est pas dirigé contre la Chine — officiellement. Mais tout le monde sait que c'est un des plus importants signaux stratégiques de la décennie : les démocraties de l'Indo-Pacifique se rassemblent. » — Hugh White, Australian National University, 2024
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Nasser AL SABRI
Directeur · International Threat Analysis Bureau (ITAB)

Analyste en géopolitique, anthropologie politique et relations internationales. Dirige l'ITAB, bureau indépendant d'analyse des menaces internationales.