En 2003, le sommet de Thessalonique promettait une perspective européenne claire aux pays des Balkans occidentaux. Vingt-deux ans plus tard, aucun des six pays candidats — Serbie, Monténégro, Albanie, Macédoine du Nord, Bosnie-Herzégovine, Kosovo — n'a rejoint l'Union. Ce blocage n'est pas anodin : il laisse une région stratégique dans un entre-deux que les puissances rivales savent exploiter.

Chapitre I · L'enlisement structurel

Pourquoi le processus a-t-il calé ?

Les raisons de l'enlisement sont multiples et se nourrissent mutuellement. Du côté des candidats : les réformes de l'État de droit, de la justice et de la lutte contre la corruption progressent trop lentement pour satisfaire les critères de Copenhague. Du côté de l'UE : la lassitude de l'élargissement après les difficultés rencontrées avec la Bulgarie et la Roumanie, et les blocages bilatéraux — la Grèce avait bloqué la Macédoine pendant dix ans pour un différend sur le nom du pays.

« Les Balkans sont condamnés à être soit une zone tampon européenne soit une zone de compétition entre grandes puissances. Il n'y a pas d'alternative stable au milieu. » — Florian Bieber, Université de Graz, 2024
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Nasser AL SABRI
Directeur · International Threat Analysis Bureau (ITAB)

Analyste en géopolitique, anthropologie politique et relations internationales. Dirige l'ITAB, bureau indépendant d'analyse des menaces internationales.