Depuis novembre 2023, les Houthis yéménites ont transformé la mer Rouge en zone de guerre maritime. Plus de 400 attaques contre des navires commerciaux ont été documentées — drones kamikazes, missiles balistiques, mines marines. La réaction des grandes compagnies maritimes a été immédiate : Maersk, MSC, CMA-CGM, Hapag-Lloyd ont toutes détourné leurs navires vers le cap de Bonne-Espérance. Les conséquences économiques se mesurent en dizaines de milliards de dollars.
L'Égypte perd 40% de ses revenus Suez
L'Égypte dépend du canal de Suez pour une part significative de ses recettes en devises. Les droits de transit représentaient environ 9,4 milliards de dollars par an avant la crise. Avec la chute de 60% du trafic, l'Égypte perd plusieurs milliards de recettes annuelles — une pression supplémentaire sur une économie déjà fragilisée par l'inflation et la dévaluation de la livre. Ce manque à gagner est l'un des effets collatéraux les plus significatifs des attaques houthis.
« Les Houthis ont réussi quelque chose qu'aucun acteur non étatique n'avait accompli depuis la piraterie somalienne : forcer un changement permanent des routes maritimes mondiales. La différence c'est qu'ils ont des missiles. » — Jan Hoffmann, CNUCED, 2024
Les industries européennes sous pression
Tesla, Volvo et d'autres constructeurs ont interrompu leurs chaînes de production en Europe par manque de composants. Les entreprises textiles ont subi des retards de livraisons depuis l'Asie du Sud-Est. Les supermarchés européens ont enregistré des hausses de prix sur les produits importés. L'industrie automobile — particulièrement dépendante de pièces livrées en «just-in-time» depuis l'Asie — est la plus vulnérable.