L'Inde est désormais la cinquième économie mondiale et la plus peuplée. Elle dispose de l'arme nucléaire, d'une industrie spatiale, d'une armée de 1,4 million de soldats actifs. Elle préside le G20, participe au Quad avec les États-Unis, l'Australie et le Japon, et siège aux BRICS avec la Chine et la Russie. Et elle achète des avions de chasse russes tout en achetant des avions de combat américains. Cette posture — ni alignée ni neutre, mais autonome — est la marque de fabrique de la diplomatie indienne et son principal actif.

Chapitre I · La doctrine de l'autonomie

La non-alignment 2.0 : ne pas choisir est un choix

L'Inde hérite de la tradition du non-alignement de Nehru — ne pas s'inféoder à un bloc, maintenir des relations avec tous pour maximiser sa marge de manœuvre. Cette tradition s'est adaptée à la réalité du XXIe siècle : l'Inde coopère militairement avec les États-Unis sur les questions maritimes en Indo-Pacifique, mais refuse d'isoler la Russie après l'invasion de l'Ukraine. Quand Washington a imposé des sanctions sur les importations de pétrole russe, New Delhi a augmenté ses achats, profitant des prix réduits.

« L'Inde ne fait pas la politique étrangère de quelqu'un d'autre. Elle fait la sienne. C'est une nouveauté dans le système international — une grande puissance réellement indépendante. » — Shivshankar Menon, ancien conseiller à la sécurité nationale indien, 2024
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Nasser AL SABRI
Directeur · International Threat Analysis Bureau (ITAB)

Analyste en géopolitique, anthropologie politique et relations internationales. Dirige l'ITAB, bureau indépendant d'analyse des menaces internationales.