On a annoncé la mort de l'Union Européenne à de nombreuses reprises. La crise de la zone euro (2010-2015) devait la déchirer. Le Brexit (2016-2020) devait déclencher un effet domino. La pandémie (2020) devait révéler l'égoïsme des États membres. La guerre en Ukraine (2022) devait diviser irréconciliablement les pro-russes des atlantistes. À chaque fois, l'UE a survécu — souvent plus intégrée qu'avant. Mais est-ce que cela peut durer indéfiniment ?
Cinq facteurs de fragilisation en 2026
1. La montée des partis eurosceptiques. Les élections européennes de 2024 ont vu la montée des droites nationalistes — Fratelli d'Italia au pouvoir en Italie, RN en France au seuil du pouvoir, AfD à 20% en Allemagne, Fidesz dominant la Hongrie. Si ces forces prennent le contrôle simultané de plusieurs grands États membres, la gouvernance européenne deviendrait paralysée.
2. La divergence économique Nord-Sud. L'écart de compétitivité entre l'Allemagne et les pays du Sud (Italie, Grèce, Portugal) persiste malgré deux décennies d'euro commun. Une nouvelle crise de la dette — l'Italie avec une dette à 140% du PIB reste la bombe à retardement — pourrait rouvrir les questions existentielles de 2012.
3. L'élargissement à l'Ukraine. L'adhésion potentielle de l'Ukraine (population 40M, économie agricole compétitive) modifierait profondément les équilibres de pouvoir et de financement au sein de l'UE.
La guerre, la crise climatique et la pression américaine poussent vers plus d'intégration. Probabilité : 40%
Un noyau dur (France, Allemagne, Benelux) s'intègre davantage, les autres restent en périphérie. Probabilité : 45%
Sortie d'un ou plusieurs membres, paralysie institutionnelle. Probabilité : 15%